Comment ça va ça va ça va sur ma planète?

Sauf peut-être pour ceux qui n’attendent aucune réponse (le cas le plus fréquent) et sont déjà engagés dans une autre conversation, que répondez-vous à la question ça va? ?

Automatisme, habitude… l’emploi du déictique ça  donne un caractère quelque peu figé à ces expressions quotidiennes, idiomatiques et quasi impersonnelles (ça gave, ça barbe, ça va, ça craint un max…) et n’autorisent finalement que peu de variations grammaticales… Bon d’accord on oublie la syntaxe… l’emploi systématique de ces expressions figées, semi-figées ou compositionnelles reflète parfois notre degré d’engagement dans notre discours et/ou dans notre relation aux autres.  Le  ça  est ainsi un  je ne sais quoi ou je ne sais qui (mais pas « nous », hein?) qui va (bien ou… pas), qui gave, qui barde, 🙂 ou qui craint, etc. Euh… ça va? , vous suivez toujours? 🙂 Trop impersonnel, vous ne trouvez pas? Les questions et leurs réponses quotidiennes deviennent trop souvent des pratiques automatiques et perdent ainsi toute valeur dans nos échanges. Qui parle? Qui communique? Comment s’engage-t-on dans notre rapport aux autres? Quand on dépersonnalise son discours et que l’on se branche sur pilotage automatique, on n’est probablement pas présent, pas prêt, pas intéressé, pas motivé, pas conscient ou très très pressé (donc pas disponible 😦  ), etc. C’est également une manière de se protéger et de garder ses distances avec l’autre. Quand ça gave ou ça craint…. c’est peut-être utile de rester à l’extérieur d’une situation! Fuite ou confrontation? Il est toujours intéressant d’observer la manière dont nous prenons en charge notre discours quelle que soit la situation.

Sans jugement : le ça va c’est bien aussi c’est sûr… surtout lorsqu’il est répété, répété, répeté! Emploi stratégique et question de rythme:

La question est donc aujourd’hui:  Comment c’est , quand j’investis consciemment et pleinement mon discours?

Alors… même si la réponse ne fait pas un tube, à la question Comment ça va ça va ça va sur ma planète ? Je répondrai… Je vais bien, merci… Et vous? 😉